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Ernesto naît le 14 juillet 1928 à Rosario (Argentine). Pour ménager la santé de leur enfant asthmatique, ses parents s’installent à Altagracia, dans la sierra de Cordoba. En 1937, son père y fonde un comité de soutien à la République espagnole. C’est en 1944 que la famille s’établit à Buenos-aires. De 1945 à 1953, Ernesto mène à bien ses études de médecine. Son contact avec les plus pauvres et les plus démunis, les malades comme les lépreux, ainsi qu’un premier long voyage en Amérique latine, le rend vite conscient des inégalités sociales et de l’injustice.
A peine diplômé, il quitte de nouveau l’Argentine pour un nouveau périple en Amérique latine. En 1951, lors de son premier voyage, il avait déjà pu constater la misère de la paysannerie indienne. Il avait également pu se rendre compte de l’exploitation des ouvriers dans les mines de cuivre au Chili possédées par des compagnies des USA. En 1953, de la Bolivie au Pérou, en passant par Panama et d’autres pays, il discute avec des exilés politiques de gauche d’un peu partout, notamment avec des castristes cubains. Il se politise et c’est à ce moment qu’il décide réellement de rejoindre le rang des révolutionnaires. Il se dit alors communiste. En 1954, il s’arrête au Guatemala en pleine effervescence démocratique sous le gouvernement du colonel Jacobo Arbenz. Ernesto va participer à la résistance contre le coup d’état militaire, orchestré par la CIA, qui met fin aux réformes agraires d’Arbenz. Cette expérience va marquer sa pensée politique. Il gagne alors le Mexique. C’est là qu’il fait la connaissance de Fidel Castro en Juillet 1955, qui lui se réfugie à Mexico, après l’assaut manqué de la caserne de Moncada à Santiago de Cuba. Castro le recrute alors comme médecin de l’expédition qui devra libérer Cuba de la dictature de Batista. C’est là qu’Ernesto prend le surnom de Che, qui lui vient de l’interjection Che que les Argentins utilisent pratiquement à chaque fin de phrases. En Juin 1956, le Che est emprisonné au Mexique avec Fidel Castro et un groupe de rebelles cubains. Ils sont libérés au bout de deux mois.
A partir de 1956, le Che avec ses compagnons se lance dans la lutte de libération nationale de Cuba.
Le 2 décembre 1956, les 82 hommes embarqués à bord du GRANMA, qui a quitté les côtes mexicaines, débarquent en catastrophe sur les côtes cubaines à l’est de l’île, immédiatement harcelés par les troupes de Batista. Réduit bientôt à 22 hommes, le groupe réussit à se réorganiser dans la Sierra Maestra et remporte ses premiers succès. L’armée rebelle se renforce après plusieurs années de combats qui opposent quelques dizaines de guérilleros à 40 000 soldats de l’armée de Batista. En août 1958, le Che prend la direction d’une colonne de 148 hommes qui gagne le centre de l’île, avec l’objectif d’isoler la ville de Santa Clara. La ville est prise par les troupes du commandante Che Guevara le 30 décembre 1958. C’est alors la grande offensive : les colonnes de guérilla avancent vers la Havanne. La dictature s’effondre et Batista s’enfuit de la Havane paralysée par la grève générale : les troupes du Che et de Camillo Cienfuegos font leur entrée dans la capitale le 2 janvier 1959. C’est la victoire de la révolution cubaine.
Le Che joue un rôle de premier plan dans le gouvernement révolutionnaire. Le gouvernement met en place une réforme agraire, organise l’expropriation des entreprises des USA, la réquisition et la distribution des logements. Il affecte les richesses aux besoins sociaux. Il établit un programme de santé et d’ éducation, notamment dans le domaine de l’alphabétisation. En novembre 1959, le Che est d’abord président de la Banque nationale ; C’est la stupeur dans le monde financier international (les billets cubains sont signés : Che). En février 1951, il devient ministre de l’industrie. Le Che pousse alors dans le sens d’une industrialisation importante de Cuba, mais les réalités cubaines ne permettent pas d’aller aussi vite qu’il l’aurait souhaité. Ses positions sur l’industrialisation, et de façon plus globale sur la né-cessaire nouvelle organisation sociale et économique de la société, sont développées dans des articles lors de débats publics qui l’opposent à d’autres points de vue proches de Moscou. il s’agit essentiellement d’un choix politique concernant l’industrialisation de l’économie. Guevara s’oppose en particulier au processus d’intégration de l’économie cubaine au cadre de la division socialiste du travail dicté par l’Union soviétique. Le Che effectue de nombreux voyages, se faisant le porte-parole des pays du 1/3 Monde aux Nations unies, il participe à la conférence interaméricaine de Punta Del Este et à la conférence mondiale du commerce à Genève. Il rend visite à plusieurs reprises à l’Algérie de Ben Bella et dirige la délégation cubaine pour le 47ème anniversaire de la révolution d’Octobre. A nouveau à Alger, il y prononce un discours essentiel, où il met explicitement en cause la politique de l’URSS. Mais ce rôle ne le satisfait probablement pas entièrement. En prônant la solidarité de tous les opprimés de la planète, il entend participer activement à l’extension de la révolution. Il quitte Cuba en mars 1965 en abandonnant toutes ses responsabilités officielles.
En 1965 et 1966, le Che cherche à participer au développement de guérillas an Afrique noire, au Congo belge (Zaïre). De passage à St Domingue, il gagne ensuite la Bolivie en novembre 1966. En avril 1967, un noyau de guérilla apparait dans la région de Nancahuazu. Le Che plaque l’exemple cubain à l’échelle planétaire : la cordillère des Andes sera la Sierra Maestra de l’Amérique latine. Ce noyau est très vite pourchassé par de nombreuses forces armées, et se retrouve rapidement isolé. Privé du soutien du Parti Communiste Bolivien, le groupe survit dans des conditions précaires. Lors d’un affrontement le 8 octobre 1967, le Che est blessé et capturé ainsi que la plupart de ses compagnons. C’est le lendemain qu’il est exécuté sous pression de la CIA. De sa mort naît alors la légende de celui qui a mis sa vie au service et entre les mains de la révolution pour mettre fin aux injustices. Son visage devient le symbole de la révolte partout dans le monde. On retient du Che cette image du guérillero à la barbe et au béret, on retient moins ses idées et ses écrits. Et pourtant, le Che n’a pas utilisé ses mains que pour prendre les armes, il s’en est aussi servi pour mettre ses idées sur le papier.
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